Mon nouveau coup de cœur n’est pas pour une BO mais pour un superbe album de musiques de divers films jouées au piano par Eliane Reyes, Partita. Il ne s’agit pas d’une simple réinterprétation de thèmes connus, il s’agit d’un disque conçu au fil d’étroites collaborations entre la talentueuse pianiste et les compositeurs ou les ayants droit. En effet, les thèmes, composés par Vladimir Cosma, Philippe Rombi, Béatrice Thiriet, ou bien encore le frère d’Eliane Reyes, David Reyes, qui est aussi chef de projet et directeur artistique, ont été repensés, retravaillés à 4 mains pour une version piano, alors qu’ils avaient été créés pour un orchestre symphonique.
Et c’est là que je trouve que c’est une réussite, car il n’est pas évident de transposer un thème pour orchestre au piano tout en gardant ce qui a fait aimer le morceau. Je dois dire d’ailleurs que j’ai pu redécouvrir de très belle façon des thèmes que je connaissais et appréciais déjà, qui m’ont à nouveau ému.
Ce disque contient quelques-uns des plus beaux thèmes, comme les deux magnifiques titres de Philippe Rombi, Une nouvelle amie et Jeux d’enfants. Leur beauté et la talentueuse interprétation d’Eliane Reyes en font une belle relecture et leur donnent une deuxième vie.
On débute délicatement avec Philippe Sarde pour le film de Claude Sautet, Les Choses de la Vie, et on termine avec Michel Legrand et La Chanson de Maxence, du film Les Demoiselles de Rochefort. Cette chanson fait partie de celles que j’écoute en boucle tellement elle est belle. Interprétée avec talent par Benjamin Legrand et jouée avec tant de sensibilité, cette version me touche autant que celle du film.
En plus des compositeurs précités, je découvre avec plaisir des extraits composés par François De Roubaix. Toute la tension sur Le Samouraï, je la revis au début de cet excellent morceau, puis la solitude est évoquée et le rythme s’accélère. Et lorsque j’écoute le suivant, La Scoumoune, avec la participation de Benjamin De Roubaix, le plaisir et l’engouement de cette musique entraînante qui entre facilement dans la tête sont toujours intacts. Court mais très drôle passage que celui de Chapi-Chapo.
Georges Delerue est aussi présent avec trois extraits dont un issu du film Le Corniaud, une belle musique qui prend l’allure d’une valse enivrante. Vient ensuite Les Deux anglaises et le Continent puis le meilleur des trois, le Thème de Jeanne (du film Le diable par la queue). C’est celui que je me réécoute souvent et dont l’interprétation m’a rappelé tout ce que j’aimais dans ce thème. La nostalgie, la beauté, la douceur. Un instant suspendu.
S’y trouvent aussi deux thèmes de Vladimir Cosma avec Alexandre le bienheureux et Maldonne. Encore une fois Eliane Reyes arrive à revisiter, à sa façon, ces belles musiques et à nous proposer une autre écoute, une autre approche. Si le premier, dont j’aime beaucoup la mélodie, est d’une grande douceur , le deuxième devient plus fort, plein de vigueur, en son milieu, puis le calme revient.
Je parlais de valse tout à l’heure, en voici une autre : Une chouette valse du film L’Odyssée de Choum, composée par David Reyes. Un titre léger et emballant que j’ai pris beaucoup de plaisir à réécouter.
J’aime beaucoup la musique de Jean-Claude Petit écrite pour le film de Jean-Paul Rappeneau, Cyrano de Bergerac. Quel plaisir de l’entendre à la suite d’une autre composée pour le réalisateur, Le Hussard sur le toit. Elle m’a permis de ressentir à nouveau toute la force du thème.
Au menu de ce disque, véritable invitation à la douceur, à la beauté, à la grâce, on peut aussi entendre de magnifiques extraits de Bruno Coulais (Les choristes – Vois sur ton chemin), Gabriel Yared (L’Amant), Béatrice Thiriet (Bird people) ou bien encore de Michel Magne (Ma Chère Hélène, du film Fantômas se déchaine). Et puis il y a ceux que j’ai redécouverts avec beaucoup de plaisir comme les trois titres extraits de la BO composée par David Reyes, Philippe, Une Année avec le Roi des Belges. C’est un très beau cadeau que cet album. On y retrouve beaucoup de thèmes connus et aimés, joués avec tant de passion par Eliane Reyes qu’elle réussit à nous surprendre en nous offrant sa vision, sa touche personnelle. Une nouvelle façon d’apprécier ce que l’on pensait déjà bien connaître.


